Quand on pense aux études d’ingénieur, on imagine souvent des maths, de la technique et beaucoup de garçons. Pourtant, derrière ces clichés se cachent des parcours très variés. C’est le cas de Chloé, étudiante en cinquième année à l’Icam Strasbourg Europe, qui partage son expérience et son quotidien en alternance.
Qui es-tu et quel est ton parcours ?
Je m’appelle Chloé et je suis en cinquième et dernière année à l’Icam Strasbourg Europe. Cette année, je la réalise en alternance chez Hager.
Au lycée, j’étais en section Abibac en Picardie. J’ai donc obtenu à la fois le baccalauréat français et allemand. J’avais choisi les spécialités mathématiques, physique-chimie ainsi que l’option mathématiques expertes. J’avais un profil à la fois scientifique et tourné vers les langues.

Pourquoi avoir choisi de faire des études d’ingénieur ?
Tout a commencé en troisième, lors de mon stage d’observation dans l’entreprise où travaille ma maman. J’y ai rencontré une ingénieure et j’ai tout de suite réussi à me projeter. Le fait que ce soit une femme a certainement joué.
J’aimais beaucoup l’aspect gestion de projet et organisation. C’est à ce moment-là que j’ai découvert le métier. Au lycée, je me suis rapidement rendu compte que ce qui m’intéressait le plus, c’était les sciences. J’aimais aussi les langues et la littérature, mais je savais que je ne voulais pas en faire mon métier.
Je me suis donc naturellement tournée vers les études d’ingénieur, notamment parce que je savais que cela me permettrait de garder beaucoup de possibilités pour la suite. Je ne voulais pas m’enfermer dans une seule voie.
Avais-tu des a priori sur le métier d’ingénieur ?
Oui, comme beaucoup de personnes, j’avais en tête l’idée qu’il y avait surtout des garçons dans les écoles d’ingénieurs.
Mais honnêtement, cela ne m’a jamais vraiment freinée. Je savais que je voulais suivre cette voie et je ne me suis pas arrêtée à cette question.
Aujourd’hui, je dirais aux lycéennes qu’il ne faut surtout pas que cela soit un frein. Ce serait dommage de renoncer à des études qui nous plaisent pour cette raison. Personnellement, je me suis tout de suite sentie intégrée. Très vite, il n’y avait plus de question de filles ou de garçons : nous faisions les mêmes études et nous avancions ensemble.
Si une lycéenne a envie de devenir ingénieure, je lui dirais simplement d’y aller.
Comment as-tu choisi ton école ?

Je voulais intégrer une école d’ingénieur généraliste parce que je ne savais pas encore quelle spécialité me plairait le plus.
Je souhaitais aussi conserver la dimension internationale que j’avais développée au lycée. C’est ce qui m’a conduite vers la prépa internationale de l’Icam Strasbourg Europe.
Dans d’autres écoles, je retrouvais moins cet aspect linguistique. Je ne voulais pas perdre mon anglais ni mon allemand, et je souhaitais partir à l’étranger le plus tôt possible. À l’Icam, il était possible de partir dès la deuxième année. J’ai ainsi pu effectuer une mobilité en Allemagne, ce qui correspondait exactement à ce que je recherchais.
C’est vraiment cet aspect qui a fait la différence au moment de choisir mon école.
Où réalises-tu ton alternance ?
Je suis en alternance chez Hager, une entreprise spécialisée dans les solutions électriques, notamment les disjoncteurs et les interrupteurs différentiels.
J’y avais déjà réalisé mon stage de technicien en fin de quatrième année, au sein du service qualité. Aujourd’hui, je travaille davantage sur des projets d’amélioration continue.
Mon rôle consiste à redynamiser une démarche qui s’était progressivement essoufflée sur le site d’Obernai. Les six premiers mois ont été consacrés à réaliser un état des lieux et à comprendre les difficultés rencontrées auparavant.
Désormais, nous travaillons avec les équipes de production, de maintenance et les managers afin de construire des solutions adaptées et de redonner du sens aux actions mises en place. C’est un travail de longue haleine.
Ton métier est-il plutôt technique ou relationnel ?
Il y a une part importante de relationnel.
Je travaille avec de nombreux interlocuteurs : les équipes de production, les équipes de maintenance, les managers… Je suis en contact avec beaucoup de monde au quotidien.
L’aspect technique intervient davantage lorsque nous mettons en place de nouveaux outils ou lorsque nous travaillons sur la digitalisation de certaines démarches. Mais aujourd’hui, dans mon projet, la dimension humaine occupe une place très importante.
Quelles sont tes matières préférées ?
Ce ne sont pas forcément les matières les plus théoriques.
Ce qui m’a le plus plu pendant mon cursus, ce sont les projets. J’aime beaucoup tout ce qui touche à l’organisation et à la gestion de projet, et c’est justement ce que je retrouve aujourd’hui dans mon alternance.
J’ai aussi découvert le Lean à l’Icam, une discipline que je ne connaissais pas du tout avant d’intégrer l’école. C’est rapidement devenu l’une de mes matières préférées.
Qu’est-ce que le Lean ?
Le Lean est une démarche d’amélioration continue.
L’objectif est d’identifier tout ce qui peut faire perdre du temps, de l’énergie ou de l’argent à une organisation afin de l’améliorer progressivement. On cherche à supprimer les irritants et à rendre les processus plus efficaces tout en continuant à apprendre et à progresser.
Quels sont tes projets après tes études ?
J’aimerais poursuivre dans la voie que j’ai découverte pendant mon alternance.
Aujourd’hui, j’occupe un poste d’ingénieure en amélioration continue avec une dimension de gestion de projet qui me plaît beaucoup. J’aime accompagner une équipe, faire avancer des projets et atteindre des objectifs collectifs.
J’aimerais également rester proche du terrain et de la production, dans un environnement industriel. Je ne sais pas encore si ce sera chez Hager ou ailleurs, mais c’est clairement le type de poste que je recherche.
Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut faire des études d’ingénieur ?
Je lui dirais de ne pas trop se poser de questions et d’oser se lancer.
Quand on a 17 ou 18 ans, on a parfois peur de faire le mauvais choix ou de s’enfermer dans une voie. Pourtant, les études d’ingénieur ouvrent énormément de portes.
Si une école correspond à ce que tu recherches, il faut foncer. Bien sûr, il faut travailler et s’investir, mais il ne faut jamais perdre de vue son objectif. Le plus important, c’est de croire en son projet et de ne rien lâcher.
Retrouvez le portrait en vidéo de Chloé :
Retrouvez le portrait de Chloé, étudiante à l’école d’ingénieur CPE LYON : https://www.fesic.org/il-faut-oser-tenter-marlene-etudiante-ecole-dingenieurs-casse-idees-recues/
Retrouvez le portrait de Kilian, étudiant à l’école d’ingénieur ECAM EPMI : https://www.fesic.org/dun-bac-sti2d-a-lecole-dingenieurs-ecam-epmi-portrait-de-kylian-etudiant-1re-annee/
