À l’occasion du Salon international de l’agriculture, le 24 février 2026, les partenaires du projet Avenir Agro co-porté par la Fesic, ont fait un point d’étape sur le dispositif destiné à mieux faire connaître les formations et les métiers des ingénieurs agro. L’étude sociologique et prospective menée par le cabinet Gatard and co, consacrée aux attentes des jeunes et à l’image du métier d’ingénieur agro, a été présentée à la presse. Cette présentation a également permis de rappeler les enjeux du dispositif, dont l’élément central repose sur le lancement d’une campagne de communication nationale destinée à mieux faire connaître le métier des ingénieurs agro.

L’étude sociologique et prospective, la première étape du dispositif Avenir Agro

Cette étude vise à mieux comprendre la perception des jeunes sur les métiers du secteur, afin de « réinventer un narratif » et élaborer une stratégie de communication pour attirer plus de profils, a expliqué Philippe Choquet, président du programme pour l’année 2026 et directeur général d’UniLaSalle.

« L’étude souligne la nécessité de renouveler l’image des ingénieurs agro, aujourd’hui « au centre des tensions de notre époque. »

Elle a été menée auprès de 120 experts et plus de 50 représentants des publics cibles – élèves, parents et enseignants. Elle repose sur une analyse documentaire approfondie, une trentaine d’entretiens réalisés avec des professionnels, une mission de benchmarking des stratégies de recrutement, ainsi que sur des ateliers organisés dans plusieurs territoires et des focus groupes. Christian Gatard, en a présenté les principaux enseignements lors du salon.

L’étude souligne notamment la nécessité de renouveler l’image des ingénieurs agro, aujourd’hui « au centre des tensions de notre époque : nourrir sans détruire, innover sans déshumaniser ». Elle met en avant des profils d’ingénieurs « pluriels et polyexperts », décrits comme « des gardiens et producteurs du vivant dans un monde en transformation ». Parmi les enjeux identifiés figure également la nécessité de « valoriser le terrain comme laboratoire du vivant » a expliqué Christian Gatard.

L’étude identifie également plusieurs leviers pour renforcer l’attractivité des formations d’ici 2035. Elle recommande de conserver l’intitulé d’« ingénieur agro », tout en expliquant davantage la diversité des parcours et des débouchés. Elle invite aussi à dépasser certains clichés, notamment l’image industrielle parfois peu valorisée de l’agroalimentaire, et à mieux informer les parents et les enseignants, dont le regard peut influencer les choix d’orientation.

« J’ai été frappé par l’« étonnement bienveillant », voire cette sidération, des participants découvrant la diversité des débouchés. Il suffit d’ouvrir une fenêtre sur ces parcours – finance verte, spatial ou innovation de terrain – pour susciter immédiatement curiosité et envie. L’enthousiasme des étudiants engagés, ressentant une vocation utile, est une véritable « pépite ». explique Christian Gatard

« Pour atteindre l’objectif de +30 % d’ingénieurs agronomes entre 2017 et 2030, il faut que les jeunes rejoignent nos écoles, à travers différents systèmes de recrutement (prépas, BTS, AST, etc.) et niveaux d’études. »

Cyril Kao, chef de service de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation à la direction générale de l’enseignement et de la recherche du ministère de l’Agriculture

Philippe Choquet ajoute que l’étude est « un travail préalable à une grande campagne de communication »

Pour atteindre l’objectif de +30 % d’ingénieurs agronomes entre 2017 et 2030, fixé par la loi d’orientation agricole, « il faut que les jeunes rejoignent nos écoles, à travers différents systèmes de recrutement (prépas, BTS, AST, etc.) et niveaux d’études. » Dans ce contexte, l’enjeu est « d’améliorer l’attractivité et la visibilité des formations, qui sont parfois mal comprises et moins visibles dans le paysage des formations d’ingénieur », constate Cyril Kao, chef de service de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation à la direction générale de l’enseignement et de la recherche du ministère de l’Agriculture. Il tient également à saluer « l’effort collectif » des écoles d’ingénieurs en agronomie mobilisées pour répondre à l’objectif fixé au niveau national.

Une campagne de communication qui doit permettre « un choc d’attractivité » du métier d’ingénieur agro

La campagne de communication devra provoquer « un choc d’attractivité » afin d’enrayer l’érosion du nombre de candidats dans les filières liées aux sciences du vivant, explique Philippe Choquet. Il affirme également qu’« il faut taper fort pour faire connaître nos métiers ».

Cette campagne mettra particulièrement en avant « les métiers d’avenir » auxquels préparent les écoles d’ingénieurs, en lien avec des enjeux majeurs tels que l’alimentation saine et durable, l’environnement ou encore le concept de One Health. « Ce sont des métiers qui ont du sens pour les jeunes, et il faut le faire savoir dès le plus jeune âge », insiste-t-il.

La communication autour de ces formations reste néanmoins complexe, en raison de la grande diversité de carrières auxquelles conduit le diplôme d’ingénieur agro, ce qui peut rendre le message moins lisible pour le grand public, rappelle Sabine Brun-Rageul, vice-présidente d’Avenir-Agro et directrice de Bordeaux Sciences Agro.

La campagne prendra la forme d’un dispositif digital et d’influence, complété par des actions de relations presse. Son lancement est prévu pour 2026, avec un investissement de 2 millions d’euros sur trois ans. Pour mémoire, le programme Avenir-Agro a été lauréat de l’appel à manifestation d’intérêt CMA France 2030 en novembre 2024 et bénéficie d’un budget global de 10 millions d’euros sur cinq ans.

Le programme Avenir Agro en quelques mots :

Pour répondre au besoin croissant d’ingénieurs agronomes et dans un souci de sensibiliser les nouvelles générations aux métiers des sciences du vivant, AgroParisTech, les membres de l’Alliance Agreenium et les écoles d’ingénieurs agro privées sous contrat membres de la FESIC, ont choisi de porter collectivement un projet d’attractivité ambitieux : Avenir Agro.

Son objectif ? Rendre ces formations et métiers visibles et désirables, en sensibilisant de l’enseignement primaire au lycée à la fois les apprenants et leurs familles, les enseignants, les professionnels d’orientation de l’éducation nationale et personnels des établissements.


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