Face à la multiplication des menaces pesant sur les entreprises françaises, l’ESSEC renforce ses travaux sur la géopolitique. Elle concentre aussi ses efforts sur les risques économiques. Le 24 septembre 2026, son Institut Géopolitique & Business a lancé un observatoire de la sécurité économique en partenariat avec le ministère de l’Économie. Objectif : sensibiliser les futurs managers, développer la recherche et aider les entreprises à mieux anticiper les risques qui menacent leurs activités et leurs actifs stratégiques.

Sécurité économique : des menaces en forte progression
Créé en 2024, l’Institut Géopolitique & Business de l’ESSEC élargit son action avec ce nouvel observatoire, présenté lors des premières Assises de la sécurité économique organisées à Bercy. Cette initiative s’inscrit dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les dépendances technologiques et les risques pesant sur les chaînes de valeur.
Selon le Service de l’information stratégique et de la sécurité économiques (SISSE) de Bercy, les alertes liées à la sécurité économique ont triplé en France depuis 2020. Les menaces peuvent prendre différentes formes : prises de contrôle du capital d’entreprises stratégiques, cyberattaques, sabotage ou encore vol de données.
Pour les entreprises, l’enjeu est désormais d’identifier ces risques, d’évaluer leurs conséquences sur leur activité et d’adapter leurs stratégies. La sécurité économique ne concerne pas uniquement les secteurs de la défense ou les grandes entreprises. Elle touche aussi les organisations dont les technologies, les données ou les savoir-faire contribuent à la souveraineté française.
Quatre objectifs pour rapprocher formation, recherche et entreprises
L’observatoire poursuit quatre objectifs complémentaires :
- Sensibiliser les dirigeants et les futurs managers aux menaces de sécurité économique, notamment grâce à des conférences et à des études de cas.
- Faire évoluer les pratiques pédagogiques, en intégrant davantage ces enjeux dans les formations initiales et continues de l’ESSEC.
- Développer la recherche en économie, en sciences de gestion et en sciences politiques sur les risques économiques et géopolitiques.
- Créer des passerelles entre les acteurs publics, privés et académiques, afin de favoriser le partage d’expériences et de bonnes pratiques.
Les travaux de l’observatoire doivent notamment permettre d’analyser les conséquences concrètes des événements géopolitiques pour les entreprises : dépendances énergétiques et technologiques, choix stratégiques ou encore exposition à certains risques financiers et industriels.
Le projet est mené avec le Service de l’information stratégique et de la sécurité économiques de Bercy, avec l’appui du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), par l’intermédiaire du département recherche-action de l’Académie diplomatique et consulaire. Il bénéficie également du soutien des mécènes cofondateurs Forvis Mazars et Brocardi, Celse et Associés.
Former les futurs managers aux nouveaux risques géopolitiques
Pour Roland Lescure, ministre de l’Économie, cette initiative doit contribuer à mieux sensibiliser les étudiants et les diplômés de l’ESSEC, à encourager les échanges de bonnes pratiques avec les dirigeants et à anticiper les menaces émergentes grâce à la recherche.
Cette démarche prolonge les travaux déjà engagés par l’école sur les relations internationales et la géopolitique. L’Institut Géopolitique & Business s’inscrit ainsi dans une stratégie qui vise à mieux comprendre les interactions entre les évolutions géopolitiques et les décisions des entreprises.
Avec cet observatoire, l’ESSEC entend rapprocher davantage les enseignements des réalités économiques et internationales. Un enjeu croissant pour les écoles de management, appelées à préparer les futurs dirigeants à évoluer dans un environnement où l’analyse des risques, la maîtrise des dépendances et la protection des actifs stratégiques prennent une place grandissante.
